Un nouveau rapport de l’Anses confirme et précise les risques pour la santé liés au bisphénol A
Quel lien entre déficit en vitamine D et sensibilité à l’insuline chez les adolescents obèses ?
Viande « rouge » et cancer colorectal : des différences selon la viande et la localisation du cancer
Relation entre nutrition infantile et comportement et consommation alimentaires à l'âge de 5 ans
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Les enfants et adolescents diabétiques de type 1 auraient des apports en glucides inférieurs aux recommandations. Une sous-estimation des besoins en glucides dans cette population, compensée par une augmentation des apports des lipides, pourrait contribuer à des effets négatifs sur l’IMC et le profil lipidique.
L’étude avait pour objectif de comparer les apports en glucides observés et recommandés d’enfants et adolescents atteints de diabète de type 1 (T1D) et d’explorer les associations avec l’indice de masse corporelle (IMC), l’hémoglobine glyquée (HbA1c) et le profil lipidique.
Cette étude d’observation a permis de recueillir l'apport en glucides de 46 010 patients atteints de T1D âgés de 1 à 18 ans, issus de 332 centres de soins pour diabétiques en Allemagne et en Autriche, et de le comparer à celui d’enfants et adolescents en bonne santé après appariement sur l'âge. Trente cinq pour cent des enfants recevaient leur insulinothérapie par traitement conventionnel, 50 % sous forme de thérapie conventionnelle intensive et 15% par perfusion sous-cutanée continue.
L’apport glucidique journalier moyen (g/jour) reporté par les patients et/ou les parents a été mis en relation avec les apports recommandés pour cette tranche d’âge (selon les Sociétés Savantes de Nutrition nationales respectives et à hauteur de 50% de l’apport énergétique total). La médiane des apports glucidiques était nettement plus faible que celle des enfants sains. Elle variait entre 56% et 90% des apports recommandés en fonction des tranches d’âge, avec des apports plus proches des recommandations observés chez les plus jeunes. Un moindre apport en glucides était associé à un IMC plus élevé, particulièrement au cours de l’adolescence, des niveaux de cholestérol total et de LDL-cholestérol plus élevés et une concentration d’HbA1c plus faible.
En conclusion, la mesure de l’apport glucidique est une donnée simple et pertinente à relever en complément des informations collectées en ambulatoire chez les patients pédiatriques atteints de diabète de type 1. En comparaison à une population saine du même âge, les enfants et adolescents atteints de T1D restreindraient leur consommation de glucides. Cette restriction pourrait contribuer à des effets négatifs au niveau de l’IMC et du profil lipidique, particulièrement si cette consommation diminuée de glucides est accompagnée d’apports augmentés en lipides.
Les efforts doivent donc être poursuivis pour mieux informer les enfants T1D et leurs parents sur les apports en glucides et sur l’intérêt de diversifier leur alimentation en consommant plus de produits riches en fibres, tels que les fruits et les légumes et moins de graisses saturées.
Source : Carbohydrate intake in relation to BMI, HbA1c and lipid profile in children and adolescents with type 1 diabetes. Meissner T et al., Clinical Nutrition (2013).
Le travail réalisé par l’Anses sur les risques pour la santé liés au bisphénol A confirme qu’il serait nécessaire de réduire l’exposition de la population. Il permet également d’affirmer que la voie principale de contamination est l’alimentation et que les risques concernent en priorité l’enfant à naître de femmes exposées durant leur grossesse.
Le bisphénol A (BPA) est une substance chimique de synthèse utilisée depuis plus de 50 ans, principalement pour la fabrication de matières plastiques de type polycarbonate et de résines époxydes. Il est aussi utilisé comme révélateur chimique dans les papiers thermiques (par exemple au niveau des tickets de caisse).
En termes de gestion des risques, le BPA fait depuis quelques années l’objet d’une attention particulière au niveau international. En France, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait déjà publié plusieurs avis relatifs au BPA et conclu à la dangerosité de cette substance chimique classée comme perturbateur endocrinien dès septembre 2011. De nouveaux résultats confirment les effets sanitaires du BPA précédemment mis en cause par l’Anses, en particulier pour la femme enceinte au regard des risques potentiels pour l’enfant à naître.
A l’issue de cette évaluation, sur la base des données disponibles et des modèles utilisés, des situations potentiellement à risques ont été mises en évidence en lien avec une exposition au BPA via l’alimentation et via la manipulation de tickets de caisse thermo-imprimés (pour la population professionnelle et générale). L’alimentation contribue à plus de 80% de l’exposition de la population. Les principales sources d’exposition alimentaire sont les produits conditionnés en boîtes de conserve qui représentent environ 50% de l’exposition alimentaire totale. L’Anses a également identifié l’eau distribuée en bonbonnes de polycarbonate comme une source conséquente d’exposition au BPA.
En France, la loi n° 2012-1442 du 24 décembre 2012 visant à la suspension de la fabrication, de l'importation, de l'exportation et de la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du BPA a été publiée au Journal Officiel en date du 26 décembre 2012. Première étape, sa présence est interdite dans les contenants alimentaires destinés aux enfants de moins de trois ans depuis janvier 2013. L’interdiction s’appliquera par la suite à tous les contenants alimentaires à partir de 2015. D’ores et déjà, l’agence recommande de réduire l’exposition des personnes manipulant des papiers thermiques contenant du BPA. Aux femmes enceintes, elle conseille également d’éviter l’utilisation de boîtes de conserves et bonbonnes d’eau.
Des innovations, en termes de nouvelles alternatives au BPA, sont attendues dans les différents domaines d’utilisation mais leur innocuité devra être évaluée. En effet, l’Anses n'encourage pas pour autant l’utilisation d'autres bisphénols comme solution de substitution au BPA.
La correction d’un déficit en vitamine D pourrait jouer un rôle dans le traitement de l’insulinorésistance, perturbation fréquemment associée à l’obésité.
Une prévalence plus élevée du syndrome métabolique et du diabète de type 2 pourrait être associée à un statut déficient en vitamine D, une situation fréquemment rencontrée chez les adolescents obèses. Les investigateurs de la présente étude avaient pour objectif de déterminer les effets de la correction du déficit en vitamine D par supplémentation sur les marqueurs de l’inflammation et la sensibilité à l’insuline d’adolescents obèses.
Il s’agit d’un essai randomisé contrôlé portant sur 35 adolescents âgés de 14 ans, suivis dans le cadre de programmes de prise en charge de l’obésité (IMC : 39,8 kg/m2). Les adolescents étaient randomisés en 2 groupes recevant soit une supplémentation de 4000 UI c’est-à-dire 100 ?g de vitamine D3 par jour soit de l’huile de soja (groupe placebo) pendant 6 mois. Un bilan anthropométrique et une prise de sang était réalisés à l’inclusion puis au cours de visites de suivi à 3 et 6 mois.
A l’inclusion, 33 adolescents sur 35* présentaient une déficience (<20 ng/mL) ou une insuffisance (20–30 ng/mL) en vitamine D (concentration sérique moyenne de 25(OH)D = 19 ng/mL). A 3 mois, contrairement au groupe placebo, la concentration sérique en 25(OH)D était augmentée significativement dans le groupe supplémenté pour atteindre un niveau « suffisant ». Cette augmentation n’était pas associée à une modification de la glycémie et de l’insulinémie à jeun. Après 6 mois de supplémentation, l’augmentation de la concentration en vitamine D est amplifiée mais aucune différence de la glycémie à jeun, de l’IMC ou des marqueurs de l’inflammation (IL-6, TNF-?, protéine C réactive) n’était observée entre les 2 groupes. En revanche, l’insulinémie à jeun, l’index HOMA d’insulinorésistance et le ratio entre la leptine et l’adiponectine (autre marqueur potentiel d’insulinorésistance) diminuaient seulement dans le groupe supplémenté; (p<0,05). Aucune modification des apports alimentaires ou des niveaux d’activité physique n’a été observée entre l’inclusion et le bilan à 6 mois.
Bien que la dose de vitamine D3 utilisée dans cette étude soit nettement supérieure aux apports recommandés pour les adolescents (200 UI en France), elle reste dans les limites proposées par la Haute Autorité de Santé (HAS) dans un objectif de maintien d’un taux sérique > 30ng/mL (des apports quotidiens de 800 à 4000 UI/j en vitamine D2 ou D3).
La correction d’une déficience en vitamine D par une supplémentation pendant plus de 6 mois pourrait représenter une stratégie efficace pour améliorer le métabolisme glucidique des adolescents obèses. Si la prescription d’un dosage en vitamine D pour les adolescents obèses semble pertinente, la détermination de valeurs de référence et d’une méthode de dosage validée pour la concentration en vitamine D reste un sujet de débat qui vient récemment de faire l’objet d’une note de cadrage de la HAS.
Source : Correcting vitamin D insufficiency improves insulin sensitivity in obese adolescents: a randomized controlled trial. Belenchia AM et al. Am J Clin Nutr. 2013 Apr;97(4):774-81.
*A noter : 6 adolescents sur 35 sont sortis de l’essai avant le bilan final (n=29 à 6 mois).
Limiter la consommation de viande dite « rouge » (contenant majoritairement des fibres musculaires rouges : porc, bœuf, veau, agneau) et de charcuterie : une recommandation aujourd’hui bien établie dans le cadre de la prévention nutritionnelle du cancer colorectal. Mais le risque serait-il associé uniquement à la quantité totale de viande « rouge » consommée quelle que soit l’espèce animale considérée ? Vraisemblablement pas…
Les consommations de viande dite « rouge » et de charcuterie sont associées à une augmentation du risque de cancer colorectal respectivement de 17% pour 100 g/j de viande rouge et de 18% pour 50 g/j de charcuterie (WCRF/AICR 2011). Néanmoins, peu d’études ont évalué les effets spécifiques de la nature de la viande rouge consommée sur le risque de cancer colorectal.
Le but de cette étude était d’évaluer l’association entre risque de cancers du colon et du rectum et les consommations de viande « rouge » (totale et par espèce animale), charcuterie («processed meat»), poisson et volaille au sein de la cohorte «Danish Diet, Cancer and Health».
Au cours de la période de suivi (13,4 ans en moyenne), 644 cas de cancer du colon et 345 cas de cancer rectal ont été rapportés parmi les 53 988 participants âgés entre 50 et 64 ans lors de l’inclusion entre 1993 et 1997. Les viandes « rouges » incluaient le bœuf, le porc, l’agneau, le veau et les abats. Les charcuteries correspondaient aux viandes conservées par fumaison, séchage, salage.
La consommation moyenne de viande « rouge » était de 100 g/j chez les hommes et 64 g/j chez les femmes et celle de charcuterie de 35 g/j chez les hommes et 18 g/j chez les femmes.
Aucune association n’a été observée entre la consommation de poisson, de volaille et de manière plus inattendue celle de viande « rouge », et les risques de cancer du colon et du rectum. Il faut cependant noter que la variabilité de la consommation de viandes « rouges » dans cette population était relativement faible. En revanche, le risque associé variait selon l’espèce animale de la viande « rouge » et le type de cancer. Ainsi, le risque de cancer du colon était significativement plus élevé avec une consommation élevée d’agneau [RR pour 5g/j = 1,07 (95% CI: 1,02–1,13)], tandis que le risque de cancer rectal était plus important avec une consommation élevée de porc [RR pour 25g/j = 1,18 (95% CI: 1,02–1,36)]. En revanche et contrairement à de nombreuses études, une consommation élevée de bœuf diminuait le risque de cancer rectal [RR pour 25g/j = 0,83 (95% CI : 0,70-0,98)]. La substitution de la viande « rouge » par du poisson était associée à un risque diminué de cancer du colon [RR pour 25g /j = 0,89 (95% CI: 0,80–0,99)] mais pas du cancer rectal. En revanche, remplacer la viande rouge par de la volaille ne réduisait pas les risques ni du cancer du colon ni du cancer rectal. En conclusion, les auteurs suggèrent que le risque de cancer colorectal pourrait différer selon l’espèce animale de viande « rouge » consommée.
Ces résultats confortent les recommandations de prévention nutritionnelle du cancer qui ont pour objectif d’inciter les forts consommateurs de viande rouge à réduire leur consommation et d’alterner les différents types de viandes avec les poissons, les œufs et les légumineuses. Ils soulignent également l’intérêt de ne pas «diaboliser» un groupe d’aliments en particulier mais de considérer plus précisément les risques et les bénéfices de la consommation modérée des différentes catégories d’aliments qui composent chaque groupe. A ce titre, n’oublions pas que les différents types de viandes apportent des nutriments importants, notamment des protéines, du fer, du zinc et de la vitamine B12.
Source : Associations between Red Meat and Risks for Colon and Rectal Cancer Depend on the Type of Red Meat Consumed. Egeberg R et al. J Nutr. 2013 Apr;143(4):464-72.
D’après l’étude INCA2, en France la consommation moyenne de viande rouge est de 66 g et 41 g par jour chez l’homme et la femme adulte. La consommation de charcuterie est de 47 g chez les hommes et de 31 g chez les femmes.
Les expériences alimentaires précoces peuvent influencer le comportement et les préférences alimentaires plus tard dans l’enfance. Une étude menée auprès de 3624 enfants confirme les effets bénéfiques de l’allaitement maternel prolongé à 6 mois et l’introduction d’aliments solides entre 4 et 6 mois.
L’objectif de cette étude était d’explorer en quoi la durée de l’allaitement maternel exclusif et l’âge d’introduction des aliments solides chez le nourrisson étaient susceptibles de modifier le comportement alimentaire et la consommation de fruits et légumes de l’enfant à l’âge de 5 ans.
Les données ont été collectées à partir de l’étude ABCD (Amsterdam Born Children and their Development) une cohorte prospective mères-enfants menée aux Pays-Bas. Le comportement alimentaire et la consommation de fruits et de légumes des enfants à l’âge de 5 ans ont été évalués à l’aide de questionnaires, remplis par les mères de façon rétrospective. Le comportement alimentaire était mesuré selon 4 critères : sensibilité à la satiété, plaisir à manger, vitesse d’ingestion et réactivité aux aliments (ex : intérêt manifesté pour la nourriture).
L'allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois ou plus était significativement associé à un apport plus élevé en légumes à l'âge de 5 ans.
L’introduction d’aliments solides avant l'âge de 4 mois était associée à une moindre sensibilité à la satiété à l'âge de 5 ans par rapport à l'introduction des aliments solides à l'âge de 6 mois. L'introduction des aliments solides avant l'âge de 4 mois était également liée à un apport plus élevé en fruits. De plus, l'introduction des aliments solides après 6 mois était associée à un plaisir moindre suite à la consommation des aliments et une réactivité plus limitée aux aliments.
Cette étude indique que l’âge auquel les aliments solides sont introduits peut avoir une influence à long terme sur le comportement alimentaire. L’introduction des aliments solides avant l’âge de 4 mois peut diminuer la satiété alors qu’une introduction plus tardive (au-delà de 6 mois) apparaît associée à diminution du plaisir et de la réactivité aux aliments.
Source : Infant nutrition in relation to eating behaviour and fruit and vegetable intake at age 5 years. Möller ML et al. British Journal of Nutrition (2013), 109, 564–571.
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